Comment Paris étoffe sa palette fromagère

Racines : E = Mcheese

Lorsque Maxime Malbranque et Laura Mattei ouvrent leur petite épicerie en avril 2021 dans le 18e, les efforts d’approvisionnement se concentrent sur les fruits et légumes. L’épicerie sèche complète la gamme, mais rapidement, la demande de produits de crèmerie se fait sentir.
« Les anciens du quartier nous disaient qu’il y avait une crèmerie sur la place auparavant », raconte l’épicier. Effectivement fermée il y a plus de dix ans, on trouve à sa place un Kebab version berlinoise. Et c’est justement son fondateur, Noé Lazare, qui va embarquer ses voisins et amis dans la création de la fromagerie, lorsqu’un local se libère à quelques mètres de là.

Triptyque gagnant

« Le fromage est majoritaire dans notre CA, mais une jeune boutique comme la nôtre ne connaîtrait pas le même succès sans la charcuterie et les sandwichs », affirme Maxime Malbranque, qui précise qu’en été, la restauration représente la moitié du CA, notamment grâce à la terrasse de cette rue devenue récemment piétonne.
Côté fromage, les associés se sont formés sur le tas mais ont embauché des crémiers diplômés. Un lien constant s’opère avec l’épicerie à côté, à travers une carte de fidélité commune, ou des opérations « pommes de terre offertes » au moment des raclettes, guidant les clients de l’une à l’autre des boutiques.
« En tant que consommateur, je n’allais pas beaucoup dans les fromageries, souligne Maxime. Il y a une très grosse culture fromage en France, un peu comme sur le vin, et c’est difficile d’avoir des repères. Notre volonté, c’est que notre boutique paraisse accessible, que les gens viennent, posent des questions, n’aient pas honte de demander des petits morceaux. »
La communication sur les réseaux sociaux se veut ainsi accessible et amusante avec, par exemple, des vidéos de savoirs fromagers intitulées “E=Mcheese”. n