Rocamadour

Le climat, sujet chaud

Confronté à des sécheresses et canicules éprouvantes, le petit fromage
fondant emblématique du Quercy cherche la parade.

Centrée sur le département du Lot, la zone du rocamadour correspond aux causses du Quercy. Elle est particulièrement exposée aux sécheresses estivales, un enjeu devenu majeur pour la filière. « L’adaptation au changement climatique fait partie des projets en cours sur lesquels nous travaillons », annonce Benoît Bonizzoni, président de l’ODG et producteur laitier (les Fermiers du Rocamadour).
L’introduction de nouvelles races de chèvre est ainsi envisagée : « plusieurs producteurs souhaiteraient introduire des races moins sensibles aux chaleurs que les Alpines et Saanen, seules autorisées aujourd’hui. Certains évoquent les chèvres du Massif Central, la Pyrénéenne, la Poitevine… » Sur l’exigence d’autonomie en alimentation (la ration journalière doit comporter au minimum 80% d’aliments produits sur l’aire géographique), « nous essayons de recentrer l’origine au 100% français et sommes en train de parler avec d’autres filières pour mutualiser nos forces », explique-t-il.
La réouverture du cahier des charges, programmée pour cette année, comporte un autre axe majeur : « mieux répondre aux attentes sociétales. Sur les 75 exploitations de l’AOP, poursuit-il, une vingtaine sortent des chèvres. Nous sommes en train de mener un travail de sensibilisation sur ce sujet et de réfléchir à de nouvelles initiatives. Il y a des lieux où il n’est pas possible de faire des parcours, il faut alors penser à des aires d’exercice. Nous savons que cette discussion est nécessaire. »
L’ODG songe aussi à autoriser la monotraite. « Cette mesure pourrait favoriser le bien-être des éleveurs, alléger leur charge de travail. Pour l’instant, le cahier des charges impose deux traites par jour. Plusieurs études démontrent que c’est faisable, il y a des périodes de l’année où nous avons peu de lait. » n

quote Repères
Deuxième AOP caprine la plus vendue en France, le rocamadour AOP évolue depuis plusieurs années sur un rythme de production d’environ 1 300 tonnes par an (1 312 tonnes en 2023), produites par 3 laiteries et 32 fermiers (qui assurent 30% des volumes).