Réseaux sociaux

Emilie Cavero : « rester naturelle et authentique »

Installée depuis près de dix ans sur le Marché Victor Hugo de Toulouse, Émilie Cavero fait partie des crémiers-fromagers qui ont compris très tôt l’intérêt des réseaux sociaux. Pourtant, lorsqu’elle s’installe à son compte, le digital ne fait pas partie de ses priorités. « J’étais sur un marché très connu et touristique. Je pensais que les gens viendraient naturellement. » Quelques mois suffisent pour la convaincre du contraire.
Elle se forme alors à l’usage d’Instagram, à une époque où très peu de détaillants occupent encore le terrain. « Cela a marché assez vite ! J’ai montré la réalité de mon métier, avec mon accent toulousain et ma façon d’être, je suis restée naturelle et authentique ». Très rapidement, les premiers clients passent commande via son site internet et viennent récupérer leurs achats en click and collect directement sur son stand.
Décomplexer l’acte d’achat

Aujourd’hui, la fromagère est présente sur Instagram, Facebook et LinkedIn, dispose d’un site internet et anime même un podcast « car chaque plateforme ne touche pas la même cible ». Une stratégie qui repose avant tout sur l’humain. « Ce qui fonctionne le mieux, c’est quand on voit ma tête. Les gens ont besoin de voir un visage, de l’expertise et les coulisses du métier. » À l’inverse, une simple photo de fromage sans explication suscite rarement l’intérêt.
Pour alimenter ses contenus, la fromagère puise son inspiration au quotidien dans les échanges avec sa clientèle. « Je note toutes les questions que l’on me pose dans un petit cahier. Cela me donne des idées de publications et me permet de répondre aux interrogations que beaucoup de consommateurs n’osent pas formuler. » L’objectif est clair : rendre le fromage plus accessible et décomplexer l’acte d’achat grâce à la pédagogie.

blabla ‘‘ Les gens ont besoin de voir un visage, de l’expertise, les coulisses… ’’

Si les réseaux sociaux ont contribué à développer son activité, ils lui ont également ouvert d’autres perspectives. Conférences, formations, accompagnement de professionnels : son expertise digitale est désormais reconnue dans la filière. Elle anime notamment des formations consacrées à la communication numérique auprès des crémiers-fromagers via la FFF, entre autres.
Mais, elle met en garde ceux qui souhaitent déléguer trop rapidement leur communication. « Il faut d’abord se former soi-même. On ne peut pas déléguer ce que l’on ne comprend pas. L’image que l’on donne sur internet doit ressembler à la réalité de la boutique. » Un conseil qui résume sa philosophie : les réseaux sociaux sont un formidable outil de visibilité, à condition de rester fidèle à ce qui fait la force du métier de crémier-fromager : l’authenticité, le contact humain et le conseil. n