Tomme de la Brigue : l’ultra-tradition

La Brigasque, brebis 4 x 4

Originaire des Alpes-Maritimes, la Brigasque se prend parfois pour une chèvre, prenant exemple sur les Roves qui les accompagnent dans de nombreux troupeaux. Elle se dresse sur ses pattes arrière pour attraper feuilles et buissons.
Avec environ 1 600 têtes en France et 1 800 en Ligurie, elle est « faite pour la marche », résume Sébastien Aye. Reconnaissable à son chanfrein busqué et ses cornes portées par les deux sexes, elle supporte les grands parcours et les forts dénivelés.
Sélectionnée pour la marche

Plus haute sur pattes que la Lacaune, elle est parfaitement adaptée aux systèmes extensifs. « Une brebis 4 x 4 », sourit Alan Quint. Sélectionnée pour la marche, elle ne supporte pas l’enfermement.
Poids moyen : 50 kilos. En hiver, elle consomme 3 kilos de foin et 10 litres d’eau par jour. Elle valorise bien les fourrages grossiers. Autrefois, 10 000 brebis descendaient hiverner sur la Côte d’Azur pour y brouter eucalyptus et mimosas. L’urbanisation du littoral a fait disparaître cette tradition, condamnant les troupeaux à quatre mois de foin en montagne, pendant l’hiver. Un mode d’élevage « amputé de 50 % » de son fonctionnement naturel selon Barthélemy.
La lactation se prolonge 8 à 10 mois. Son lait est très riche : 5,5 à 6% de MP et 7,2 à 7,8% de MG, rendements assurés ! Ses agneaux, costauds, sont vendus vers six semaines. Aujourd’hui, quelques élevages existent jusqu’en Bourgogne, Dauphiné et Gironde. n

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Une laine rare et précieuse

La laine de la Brigasque, jarreuse (des poils plus rêches se mêlent à la toison) et imperméable, est valorisée par l’association des éleveurs : elle est regroupée avec celle des autres éleveurs et envoyée en Sardaigne pour être transformée en tapis. « En France, il n’y a plus de filature pour ce type de laine », regrette Nina Quint. Cette démarche militante demande beaucoup de travail bénévole. « Comme c’est une laine un peu particulière, les machines ne sont pas adéquates », précise Aurélie. Les tapis sont distribués ensuite aux éleveurs ou vendus dans quelques magasins. La laine est aussi « de plus en plus demandée pour les vergers, où elle est mise au pied des arbres fruitiers comme engrais et paillage naturel », précise Barthélemy Lanteri. n

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